Mesurer l'accumulation primitive : une approche informationnelle de l'enclosure capitaliste à PIK2, Indonésie
Measuring Primitive Accumulation: An Information-Theoretic Approach to Capitalist Enclosure in PIK2, Indonesia
March 14, 2026
Auteurs: Sandy Hardian Susanto Herho, Alfita Puspa Handayani, Karina Aprilia Sujatmiko, Faruq Khadami, Iwan Pramesti Anwar
cs.AI
Résumé
La clôture à grande échelle de terres pour des méga-projets de développement spéculatif constitue un processus spatial hors équilibre dont la vélocité, la topologie et l'irréversibilité restent mal quantifiées. Nous étudions le méga-projet côtier Pantai Indah Kapuk 2 (PIK2) au nord de Jakarta, en Indonésie, en utilisant huit années (2017-2024) de données d'occupation/utilisation des sols (LULC) Sentinel-2 à une résolution de 10 mètres. Le paysage est projeté sur un simplexe de probabilité marxien partitionnant les pixels terrestres en fractions de Communs, de terres Agricoles et de Capital. Les distances géodésiques de Fisher-Rao (FR) sur ce simplexe identifient une impulsion de transformation de 0,405 rad/an durant 2019-2020, coïncidant avec une activité de construction majeure. L'analyse par chaîne de Markov absorbante donne des temps d'absorption attendus dans l'environnement bâti de 46,0 ans pour les terres cultivées et de 38,1 ans pour la couverture arborée, avec un taux d'auto-rétention global des zones bâties de 96,4 %. L'analyse de percolation révèle qu'une composante géante connectée contenant 89 à 95 % de tous les pixels bâtis persiste à des probabilités d'occupation p dans [0,096 ; 0,162], bien en deçà du seuil de percolation aléatoire p_c ≈ 0,593, indiquant une croissance spatiale planifiée plutôt que stochastique. La dimension fractale par comptage de boîtes de la frontière urbaine augmente de d_f = 1,316 à 1,397, ce qui est cohérent avec une expansion de la frontière de plus en plus irrégulière. Ces résultats suggèrent que les outils de géométrie de l'information et de mécanique statistique peuvent caractériser avec une précision quantitative les signatures cinématiques et topologiques de l'accumulation spatiale capitaliste.
English
Large-scale land enclosure for speculative mega-development constitutes a non-equilibrium spatial process whose velocity, topology, and irreversibility remain poorly quantified. We study the Pantai Indah Kapuk 2 (PIK2) coastal mega-development north of Jakarta, Indonesia, using eight years (2017--2024) of Sentinel-2 land-use/land-cover (LULC) data at 10-meter resolution. The landscape is projected onto a Marxian probability simplex partitioning terrestrial pixels into Commons, Agrarian, and Capital fractions. Fisher-Rao (FR) geodesic distances on this simplex identify a transformation pulse of 0.405~rad/yr during 2019--2020, coinciding with major construction activity. Absorbing Markov chain analysis yields expected absorption times into the built environment of 46.0~years for cropland and 38.1~years for tree cover, with a pooled built-area self-retention rate of 96.4%. Percolation analysis reveals that a giant connected component containing 89--95% of all built pixels persists at occupation probabilities p in [0.096, 0.162], far below the random percolation threshold p_c approx 0.593, indicating planned rather than stochastic spatial growth. The box-counting fractal dimension of the urban boundary increases from d_f = 1.316 to 1.397, consistent with increasingly irregular frontier expansion. These results suggest that information-geometric and statistical-mechanical tools can characterize the kinematic and topological signatures of capitalist spatial accumulation with quantitative precision.